ITER Gouffre financier et technologique à abandonner

ITER Gouffre financier et technologique à abandonner


ITER International Thermonuclear Experimental Reactor

Rapport d’étape, juin 2014
et mise à jour en janvier 2015

Alain NICOLAS, Conseiller Régional
Thiéry PIERRE, CNRS, physicien des plasmas, Directeur de Recherches

Résumé

Le présent rapport tient compte des aspects scientifiques et techniques les plus récents qui concernent le projet ITER mais aussi des aspects financiers et de calendrier, soulignés fortement ces derniers mois par le groupe EELV au Président du CR PACA.

Sa nouveauté tient dans la constatation qu’il n’est plus sérieusement envisageable, notamment en termes de coûts, de ne pas obtenir davantage d'assurances à court, moyen et long terme sur la réussite de ce projet.

Nous devons donc intégrer dans nos réflexions sur la transition énergétique que la production d’une électricité de fusion, but du programme ITER, n’est simplement que du domaine du possible à l’horizon 2100-2130.

Le grand retard constaté dans l'avancement du projet a pour conséquence une modification du programme de recherche lui-même pour la raison fondamentale que l'un des « carburants » d'ITER, le gaz radioactif tritium, aura largement disparu à la date de mise au point finale des éléments du réacteur destinés à fabriquer le tritium in situ, rendant particulièrement difficile une mise au point de ces éléments dans les temps impartis dans le projet initial. Cette situation modifie le projet dans son ensemble. Cette modification par rapport au projet présenté en 2003-2005 à la Région PACA nécessite une redéfinition objective et sincère par ITER-Organization des objectifs du projet afin que la Région PACA dispose de l'intégralité des informations lui permettant de continuer à soutenir éventuellement le projet actualisé.

L'audition des experts a permis de mettre en évidence deux conséquences dans l'hypothèse d'un demi-succès ou d'un demi-échec du projet :

- si la mise au point d’un réacteur de fusion à Cadarache s’avère, in fine, impossible, un des scénarios de substitution est la transformation en un réacteur expérimental hybride de fission/fusion, ou en un réacteur-breeder c'est à dire fabricant du combustible nucléaire (plutonium) pour les centrales à fission classiques. C'est la position de Monsieur Paul-Henri Rebut, le premier concepteur d'ITER. Cette solution est inacceptable.

- il devient inévitable, vu le contexte, notamment, du réchauffement climatique rapide et des urgences diverses qui surgissent partout dans le monde, de mettre rapidement en place à Cadarache les conditions de recherches ambitieuses sur les énergies alternatives, et principalement sur le solaire.

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